Figures marquantes : Histoires de notre village

Découvrez les personnalités historiques qui ont façonné l'âme de notre village. Leurs récits, parfois oubliés, sont des piliers de notre identité et continuent d'inspirer. Plongez dans leurs vies extraordinaires et comprenez l'impact qu'ils ont eu sur notre terroir.

Nicolas Mansuy

Nicolas Mansuy (né le 7 octobre 1690 à Marats-la-Grande – mort après 1769) est un religieux prémontré, professeur de philosophie et de théologie, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la liturgie, à la chronologie et à l'étude des textes bibliques. Originaire du village des Marats, il mena une carrière ecclésiastique remarquable au sein de plusieurs abbayes de l'Est de la France au cours du XVIIIe siècle.

Biographie

Jeunesse et formation

Nicolas Mansuy naît le 7 octobre 1690 à Marats-la-Grande, dans le Barrois. Peu d'informations sont connues sur son enfance, mais il choisit très tôt la voie religieuse.

Le 19 août 1708, il entre au noviciat Sainte-Marie de Pont-à-Mousson, maison de formation de l'ordre des Prémontrés. Après deux années d'études et de préparation spirituelle, il prononce ses vœux religieux le 17 juin 1710, intégrant définitivement l'ordre fondé par saint Norbert.

Carrière religieuse et enseignement

Ses qualités intellectuelles lui valent rapidement des responsabilités dans l'enseignement.

En 1713, il est nommé professeur de philosophie à l'abbaye de Belval, dans les Ardennes. Quatre ans plus tard, en 1717, il devient professeur de théologie à l'abbaye Notre-Dame de Mureau, dans les Vosges, où il participe à la formation des jeunes religieux.

Après plusieurs années consacrées à l'enseignement, il exerce des fonctions pastorales. En 1725, il est nommé curé de Richemont, en Moselle.

Sa carrière se poursuit ensuite au sein de plusieurs établissements prémontrés de Lorraine. En 1736, il est religieux à l'abbaye de Justemont, puis devient en 1745 prieur de Fontois (aujourd'hui Fontoy), fonction qui témoigne de la confiance accordée à son expérience et à son savoir.

Œuvre intellectuelle

Nicolas Mansuy se distingue également par son activité d'auteur et d'érudit. Il publie plusieurs ouvrages consacrés à la liturgie, à la philosophie et à la chronologie religieuse.

Ses travaux portent notamment sur le calendrier grégorien instauré par le pape Grégoire XIII en 1582. Il rédige également plusieurs traités consacrés aux époques et aux systèmes de datation mentionnés dans l'Ancien Testament, cherchant à concilier les textes sacrés avec les connaissances historiques de son temps.

Ces publications témoignent d'un esprit rigoureux et d'une solide formation intellectuelle, caractéristique des religieux érudits du siècle des Lumières.

Héritage

Bien qu'inconnu aujourd'hui, Nicolas Mansuy demeure l'une des figures intellectuelles les plus remarquables originaires des Marats. Son parcours illustre le rôle joué par les établissements religieux dans la diffusion du savoir au XVIIIe siècle et rappelle que les villages ruraux du Barrois ont parfois vu naître des hommes dont l'influence dépassait largement les frontières de leur communauté d'origine.

Sources

  • Abbé Camille-Paul Joignon, Aux confins du Barrois et du Verdunois, Rembercourt-aux-Pots, 1938, p. 305.
  • Nicolas Durival (1713-1795), Mémoire sur la Lorraine et le Barrois, p. 474.

Martin Prin

Martin Prin (né le 20 juillet 1786 à Paris – mort le 9 décembre 1862 aux Marats) est un officier français des armées napoléoniennes, chevalier de la Légion d'honneur et capitaine d'infanterie. Engagé dès l'âge de dix-huit ans, il participe à la plupart des grandes campagnes du Premier Empire avant de terminer sa carrière sous la Restauration. Revenu vivre aux Marats, village d'origine de sa famille, il y passe les dernières décennies de sa vie.

Biographie

Jeunesse et famille

Martin Prin naît le 20 juillet 1786 à Paris et est baptisé le jour même. Il est le fils de Jean Prin, cordonnier établi rue Brise-Miche à Paris, originaire des Marats, et de Marie Anne Vannesson, également native du village.

Par sa mère, il appartient à une famille apparentée à celle de Nicolas Oudinot, futur duc de Reggio et maréchal d'Empire, l'une des grandes figures militaires du règne de Napoléon Ier.

Carrière militaire

Le 22 avril 1805, à l'âge de dix-huit ans, Martin Prin s'engage comme volontaire au 72ᵉ régiment d'infanterie de ligne. Il connaît une progression rapide au sein de l'armée impériale.

Dès le 5 octobre 1805, il est nommé caporal puis fourrier, fonction chargée de l'approvisionnement, de l'organisation des cantonnements et de la gestion du matériel de son unité. Le 6 février 1806, il accède au grade de sergent.

Le 1ᵉʳ octobre 1807, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en récompense de ses services. L'année suivante, le 11 février 1808, il devient sergent-major.

Le 20 mars 1809, il est promu sous-lieutenant au 17ᵉ régiment d'infanterie légère puis lieutenant le 14 août de la même année. Au cours de la campagne d'Autriche, il est blessé à la cuisse gauche par un coup de feu le 19 avril 1809 en Bavière.

Le 4 septembre 1812, il est élevé au grade de capitaine au 9ᵉ régiment léger avant d'être affecté au 24ᵉ régiment d'infanterie de ligne le 4 août 1813.

Au cours de sa carrière, il participe aux principales campagnes de l'Empire :

  • 1805 : Armée des côtes de l'Océan ;
  • 1806-1807 : campagnes de Prusse et de Pologne ;
  • 1809 : campagne d'Autriche ;
  • 1810-1811 : Espagne et Portugal ;
  • 1812-1814 : campagnes de la Grande Armée.

Prisonnier de guerre

À la suite de la capitulation de Dantzig, le 2 janvier 1814, Martin Prin est fait prisonnier par les armées russes. Après plusieurs mois de captivité, il est autorisé à regagner la France le 3 novembre 1814.

Carrière sous la Restauration

Le 15 novembre 1814, il est placé en non-activité. Toutefois, lors de la réorganisation de l'armée opérée sous la Restauration, il retrouve un commandement.

Le 9 juillet 1816, il est nommé capitaine à la Légion départementale de l'Oise, intégrée au nouveau système militaire mis en place par la monarchie restaurée.

Vie personnelle et retraite

Après son retour à la vie civile, Martin Prin s'établit définitivement aux Marats. Il épouse dans le village Anne-Sophie Purson le 27 novembre 1815.

Le couple a deux fils, Alexandre et François, mentionnés dans les recensements de population de 1836 et de 1851.

Retiré du service, Martin Prin vit de sa pension militaire. Le recensement de 1851 le situe rue de Condé, aujourd'hui rue Bayse, où il réside avec son épouse et emploie une domestique nommée Marie Bardot.

Il s'éteint aux Marats le 9 décembre 1862 à l'âge de soixante-seize ans.

Distinctions

  • Chevalier de la Légion d'honneur (1ᵉʳ octobre 1807).

Sources

  • Archives nationales, base Léonore, dossier de Légion d'honneur de Martin Prin, cote LH/2228/16.
  • Archives départementales de la Meuse, état civil des Marats.
  • Archives départementales de la Meuse, recensements de population des Marats (1836 et 1851).

Jules Paul Royer

Jules Paul Royer (né le 4 novembre 1877 aux Marats – mort le 13 mars 1955 à Vigneulles-lès-Hattonchâtel) est un prêtre catholique, journaliste et directeur de presse français. Ordonné en 1901, il exerça son ministère dans plusieurs paroisses de la Meuse avant de prendre, en 1925, la direction de La Croix Meusienne, principal hebdomadaire catholique du département. Reconnu pour ses qualités rédactionnelles et son engagement religieux, il fut l'une des figures marquantes de la presse catholique meusienne de la première moitié du XXᵉ siècle.

Biographie

Jeunesse et famille

Jules Paul Royer naît le 4 novembre 1877 aux Marats. Son acte de naissance est dressé le lendemain par le maire de la commune. Il est le fils d'Alexis Théophile Royer, tisserand âgé de trente et un ans, et de Marie Félina Pierre, lingère âgée de vingt-trois ans.

Issu d'un milieu modeste, il grandit dans ce village rural du sud meusien où plusieurs membres de sa famille exercent des métiers manuels. Son grand-père, Jérémie Royer, est alors cantonnier aux Marats.

Formation et ministère sacerdotal

Après ses études ecclésiastiques, Jules Paul Royer est ordonné prêtre en 1901.

Il est d'abord nommé vicaire à Bar-le-Duc, où il débute son ministère. Il exerce ensuite comme curé dans les paroisses de Lissey puis de Jametz. Durant plus de vingt ans, il assure ainsi l'accompagnement spirituel des populations rurales du nord meusien.

Son dévouement et ses qualités intellectuelles lui valent progressivement une reconnaissance au sein du diocèse.

Directeur de La Croix Meusienne

En 1925, Jules Paul Royer quitte sa charge paroissiale pour prendre la direction de La Croix Meusienne, hebdomadaire catholique diffusé dans l'ensemble du département de la Meuse.

À la tête du journal, il développe une activité journalistique importante et contribue à faire de l'hebdomadaire l'une des principales publications d'information et d'opinion du diocèse. Ses contemporains soulignent alors ses qualités de rédacteur et son talent de journaliste.

Parallèlement à ses fonctions de directeur, il siège au comité de l'Association de la Presse de l'Est, témoignant de sa place reconnue dans le paysage de la presse régionale.

Dernières années

Après plusieurs décennies consacrées à l'Église et à la presse catholique, Jules Paul Royer termine son ministère comme curé de Vigneulles-lès-Hattonchâtel.

Il y décède le 13 mars 1955 à l'âge de soixante-dix-sept ans. Son décès est annoncé notamment dans le Journal de Montmédy (un autre journal du département) qui rend hommage à son parcours sacerdotal et à son action au service de la presse catholique meusienne.

Héritage

Originaire des Marats, Jules Paul Royer demeure l'une des personnalités les plus marquantes du village au XXᵉ siècle. Prêtre, journaliste et directeur de presse, il a consacré sa vie à la diffusion de l'information et à l'action pastorale dans le département de la Meuse. Son parcours illustre le rôle important joué par le clergé dans la vie intellectuelle et sociale des campagnes meusiennes durant la première moitié du XXᵉ siècle.

Sources

  • Acte de naissance de Jules Paul Royer, commune des Marats, 5 novembre 1877.
  • Avis de décès publié dans le Journal de Montmédy, 19 mars 1955.

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